BESTIAIRE. Poèmes animaliers et mélodies au piano

 

 

BESTIAIRE ou les Animaux en musique.
Stéphanie Humeau, pianiste. 
Sabine Revault d’Allonnes, soprano lyrique

Le thème des animaux a inspiré de nombreux poètes tels que Victor Hugo, Charles Baudelaire, Apollinaire, Leconte de Lisle, Jules Renard…
Ils ont tantôt décrit les animaux de façon naturaliste tantôt se sont servis d’eux pour créer une analogie aux émotions et comportements humains.
Ces poètes ont inspiré différents compositeurs. Nous en avons fait une large sélection présentée. De Delibes, Bizet, Séverac, Massenet à Chausson en passant par la moins connue Mel Bonis et sans oublier bien évidemment Ravel et Poulenc, ce programme vous invite à une promenade originale, au milieu de cette faune enchantée réunie par la magie poétique et évocatrice de la musique.

Classiquenews.com: Deux artistes françaises Sabine Revault d’Allonnes (soprano) et Stéphanie Humeau (piano) se frottent ici au défi des textes et évocations poétiques inspirés par les animaux. En réalité c’est davantage qu’un bestiaire choisi … : une collection de pièces remarquables et intelligemment associées. Le programme convoque un jardin animalier aux postures, silhouettes, situations et paysages d’une irrésistible séduction. La sincérité et la justesse du geste rendent hommage à la multiplicité des sensibilités – compositeurs et poètes, retenus.
Ici, chaque pièce illustre à sa manière un comportement ou une attitude animale. Mais l’animalité identifiée s’apparente souvent aux sentiments et passions de l’âme humaine. Que ces oiseaux, animaux (cochons forcément « roses ») et petit cheval, sans omettre l’irremplaçable chat sur le toit, … et insectes… ont de raison (et d’enseignements) à nous transmettre (écouter la dernière Coccinelle de Hugo mise en musique et avec quel génie par Bizet ! : « les bêtes sont au bon Dieu, mais la bêtise est à lhomme », sagesse hugolienne absolument bouleversante).
Les deux interprètes ont choisi scrupuleusement les pièces et leur enchaînement (rare exemple de perfection en la matière : on y passe du « Papillon » de Grieg, pour piano seul, au « Papillon et la fleur » de Fauré/Hugo, sans discontinuité de ton, sans rupture d’atmosphère) : les mélodies françaises et leurs héros soigneusement mis en scène sonore en 4 actes, sont associés à des préambules pianistiques, dont l’humour (le petit chien de Chopin en ouverture, qui trotte et s’agite, totalement revisité dans ce contexte si personnel) le dispute à des paysages au chromatisme d’un raffinement poétique absolu (« oiseaux tristes » de Ravel). Déjà « éprouvé » en concert, le programme a suffisamment plu et surpris pour être encore et encore peaufiné dans son développement musical.

Forumopera.com par Laurent Bury | lun 23 Avril 2018 |
Ce sont les premiers mots de Lulu : « Hereinspaziert in die menagerie ! » Le dompteur nous invite à entrer dans sa ménagerie pour admirer les très humaines créatures féroces qui y sont enfermées. Bien avant qu’on se préoccupe des droits des « animaux non humains », selon une expression à la mode, les poètes ont aimé à dépeindre les moeurs des hommes sous le déguisement des bêtes, mais aussi à décrire le comportement animal à travers le prisme d’un certain anthropomorphisme. Le principe du bestiaire a ainsi pu se plier aux intentions les plus diverses : simple prétexte pour Apollinaire, ironie pour Edmond Rostand, allégorie pour Baudelaire ou Hugo, véritable exercice d’appropriation mentale pour Jules Renard… Il y a là amplement de quoi composer un beau programme de mélodies, puisque les compositeurs français ne se sont pas privés de mettre en musique cet abondant corpus. Pour son disque Bestiaire, Sabine Revault d’Allonnes a puisé dans une masse de partitions, dont elle a certes tiré deux recueils célèbres, les Histoires naturelles de Ravel et le Bestiaire de Poulenc, ainsi que quelques bestioles assez connues, comme Le Colibri de Chausson ou Le Papillon de Fauré (accompagné de sa soeur), mais elle a aussi su faire preuve d’une belle curiosité qui nous révèle des pages aussi admirables que rarement chantées. Si L’Albatros de Chausson n’est guère plus qu’une curiosité, Massenet se révèle particulièrement inspiré pour Les Alcyons. Une compositrice est à l’honneur, Mel Bonis (1858-1937), avec son exquis Chat sur le toit. Le rossignol suggère à Léo Delibes une valse charmeuse, et l’on savourera en particulier la comparaison permise entre les deux versions de La Coccinelle, celle de Bizet, plus connue.

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